Les grèves de 1905

Complainte "Les peintresses et la grève à Limoges" imprimée en avril 1905 (32,5 x 50 cm, 10 M 132)

Les événements de 1905, grèves, lock-out des patrons porcelainiers, émeute sanglante, ont fortement marqué la mémoire limougeaude.

Les causes en furent diverses, mais on retrouve toujours mis au premier plan le conflit entre les ouvriers et des contremaîtres jugés trop autoritaires.

Penaud, directeur des ateliers de peinture chez Théodore Haviland, est accusé d’avoir tenté d’abuser des jeunes ouvrières qui lui sont subordonnées.

Quant à Jean-Baptiste Sautour, chef-mécanicien chez Haviland, on lui reproche d’avoir fait renvoyer un ouvrier qui avait fait enterrer civilement son enfant.

Fondamentalement, les conflits sont liés au développement et à la concentration des usines : c’en est fini d’une certaine atmosphère familiale et paternaliste. L’encadrement doit veiller à ce que la réduction du temps de travail, pourtant bien mal appliquée dans les manufactures de porcelaine, ne nuise pas à la production : accélération des cadences, contrôles stricts des entrées et des sorties de l’usine… la colère se cristallise donc souvent sur les Penaud ou les Sautour, et ce d’autant plus violemment lorsque leur attitude porte atteinte à l’honneur de l’ouvrier ou de l’ouvrière.