Proclamation de la monarchie de Juillet (Limoges, 12 août 1830)

La révolution de 1830 a provoqué la chute de Charles X, et un nouveau monarque arrive au pouvoir. Cette affiche placardée à Limoges l’annonce. Mais la situation n’est pas aussi calme que les autorités le prétendent…

Qu’est-ce que la « monarchie de Juillet » ?

On appelle ainsi le gouvernement de Louis-Philippe qui débuta après les journées insurrectionnelles de juillet 1830 (chute de Charles X), et s’acheva avec la révolution de février 1848. Il fut marqué par l’instauration d’un régime réellement parlementaire et un certain nombre d’agitations dues aux tentatives de prises de pouvoir bonapartistes et républicaines.

On y vit se développer des mouvements et des idées socialistes, ainsi qu’un catholicisme libéral. Ce fut aussi une époque d’accroissement des colonies avec la conquête de l’Algérie et l’acquisition de comptoirs en Afrique noire, dans le Pacifique et en Extrême-Orient.

Mais qui est ce Philippe Ier ?

En 1830, un roi de France appelé Philippe devrait au moins être suivi du numéro 7 ! Il ne s’agit en fait pas d’une erreur mais plutôt d’un oubli (de l’imprimeur ?). En effet le nouveau roi n’est pas Philippe Ier, mais Louis-Philippe Ier qui, lui, est bien le premier des rois de France à porter ce prénom.

Louis-Philippe

Duc de Valois, puis duc de Chartres, né à Paris en 1773, mort à Claremont (Angleterre) en 1850. Il était le fils de Louis-Philippe-Joseph d’Orléans (Philippe Égalité, qui avait voté la mort du roi, son cousin) et de Louise de Bourbon. Il fut membre de la Garde nationale et du club des Jacobins (1790), combattit à Valmy, à Jemmapes et à Neerwinden (1793).

Impliqué dans le complot de Dumouriez, il passa à l’ennemi, compromettant ainsi son père, qui fut guillotiné, et s’enfuit en Suisse. Il voyagea ensuite en Europe et en Amérique. De retour en Europe en 1800, il sollicita en vain un commandement dans les armées coalisées contre Napoléon. En 1809, il épousa Marie-Amélie, fille du roi de Naples Ferdinand IV.

Il ne rentra en France que sous Louis XVIII, qui lui restitua l’immense fortune de sa famille. Établi en Angleterre pendant les Cent-Jours, il réapparut sous la deuxième Restauration et se rapprocha des milieux libéraux.

Au lendemain de l’insurrection de 1830, il fut proclamé roi (7 août) après révision de la Charte et inaugura la monarchie de Juillet. Secondé par Dupont, Laffitte, La Fayette, il revint peu à peu vers les conservateurs (Perier, Soult, Guizot, Mole, Thiers). En dix ans, il eut à faire face à l’insurrection populaire des 5 et 6 juin 1832, à la tentative légitimiste de la duchesse de Berry, aux révoltes de Lyon et de Paris, aux complots de Barbes et de Blanqui et aux tentatives de prise de pouvoir de Louis Bonaparte (1836 et 1840).

Lui-même échappa à de multiples attentats. Par son alliance avec l’Angleterre, il empêcha la réunion de la Belgique à la France. Le mécontentement général s’acheva par la révolution de 1848. Louis-Philippe abdiqua alors en faveur de son petit-fils, le comte de Paris, et s’exila en Angleterre.

Émeutes à Limoges

À Limoges en 1830 la situation est très tendue. Moins à cause cu changement de régime qu’à cause du prix du pain. Le 31 août, en raison de sa prochaine augmentation une émeute populaire se produit dans la ville. Des boulangeries sont pillées. En octobre de semblables incidents vont se produire à Saint-Léonard-de-Noblat.

Dossier préparé par Jacques Audrerie.

Proclamation de la « commission administrative du département de la Haute-Vienne remplissant par délégation les fonctions de Préfet », 12 août 1830 (en effet le nouveau préfet n'est pas encore arrivé). Arch. dép. Haute-Vienne, 1 M 137
Proclamation de la « commission administrative du département de la Haute-Vienne remplissant par délégation les fonctions de Préfet », 12 août 1830 (en effet le nouveau préfet n'est pas encore arrivé). Arch. dép. Haute-Vienne, 1 M 137
En savoir plus

Répertoire de la sous-série 1 M (cote 1 M 137).

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